Zouerate : Opérateur économique et acteur politique, BA Djibril Amadou se livre à cœur ouvert à Zouerateactu.

De ses 72ans révolus, après une  retraite dorée, M. Ba Djibril Amadou continue à vaquer à ses affaires hôtelières, à œuvrer pour le social, le religieux et à jouer le conciliateur entre les familles lors des conflits et des litiges assumant pleinement son rôle de régulateur social.

Tenancier de  la chaîne de restaurants « Tourine » à Zouerate,  Opérateur économique de renommée, l’homme force l’estime et la confiance de tous les habitants du Tiris zemmour..

Né en 1946 à Thiènel Halaybe  (Boghé), il a quitté ses parents en 1964  à l’âge de dix-huit (18) ans  à la recherche du travail.

Arrivé à Zouerate en décembre 1964, il a travaillé dans la société de (BTP) DUMEZ jusqu’au 31 janvier 1968.

Avant son départ de la Mauritanie, le directeur de la société DUMEZ avait donné consigne à son adjoint d’envoyer  BA Djibril à la MIFERMA à la fin de son contrat.

Des témoignages concordants disent que l’homme étant pacifique n’a jamais eu de problèmes ni avec ses collaborateurs ni avec ses chefs pendant toute sa carrière dans l’hôtellerie.

Il a aussi noué  de bonnes relations et continue à les avoir avec les responsables de la région, observe-t-on sur place.

Les mêmes témoignages confirment que cet homme d’affaires a toujours organisé des réceptions en l’honneur  des hommes religieux  et des délégations notamment du parti au pouvoir qui viennent à Zouerate pour les différentes campagnes politiques sans oublier des leaders de l’opposition qui ont visité zouerate.

A l’image de Boydiel Ould Houmeid, qui, lors d’un séjour lui avait exprimé sa satisfaction et toute sa reconnaissance, ainsi que Messaoud Belkheir à qui il avait rendu une visite de courtoisie lui avait exprimé son entière reconnaissance et sa totale satisfaction pour ses actions dans le cadre du développement économique de la région.

Dans un entretien avec Zouerateactu, M. BA Djibril évoque ses débuts à Zouerate, ses relations avec les différents chefs de la Miferma puis de la Snim, ses souvenirs de la Miferma, les mutations que la Snim a connues, son contrat avec la Snim, les réalisations accomplies par le président Mohamed Abdelaziz, la situation politique, entre autres.

Zouerateactu : M. BA Djibril Amadou, vous êtes un homme connu à Zouerate, pouvez-vous vous  présenter à nos lecteurs ?

BA Djibril Amadou : je vous remercie beaucoup. Je suis né en 1946 à Thiènel (Boghé). Je suis arrivé en 1964 à Zouerate, j ai commencé à travailler à la DUMEZ (une société de BTP à l’époque)  jusqu’au 31 janvier 1968 avant d’être embauché à la Miferma comme serveur. Ensuite  j’ai gravi les échelons : adjoint chef de salles, chef de salles chargé des réceptions extérieures, puis maitre d’hôtel  responsable des réceptions dans les chambres, les bungalows et des délégations officielles.

J’ai été convié à trois réceptions à la présidence de la République (dont une lors de la visite du l’ex-président tunisien Zeine Abidine BEN Ali), une réception à Atar lors de la visite du président Jacques Chirac et d’autres réceptions à Nouadhibou.

Zouerateactu : comment se déroulaient les réceptions des délégations présidentielles ? A quand remonte votre dernière cérémonie de réception présidentielle.

BDA : JE ME rappelle très bien.

A chaque fois qu’il ya une cérémonie de réception pour une délégation officielle, le chef du protocole de l’Etat à l’époque, Melaînine Towmy faisait la situation et me chargeait de l’organisation avec d’autres équipes venues en soutien.

Pendant toute ma carrière d’hôtelier, j’ai toujours travaillé en parfaite harmonie avec l’ex- directeur du protocole d’Etat Ould Towmy à l’occasion des réceptions de la Présidence de la République.

Ma dernière réception s’est déroulée ici à Zouerate lors d’une  visite du président Ould Taya qui avait passé la nuit ici.

Zouerateactu : Ayant travaillé avec tous les PDG de la Miferma et les ADG et DSE de la Snim, pouvez-vous nous parler de cette période qui a marqué le début de l’exploitation minière en Mauritanie ?

BDA : Merci. A cette époque, l’organigramme de la Miferma n’était trop chargé.

Il y avait seulement à Zouerate le directeur du siège d’exploitation (DSE), je retiens le nom d’un certain AUDIBERT, le chef du département électronique, le chef du département mine (avec chacun une division), le chef du service électromécanique, le chef du service mécanique.

L’attaché de direction avait un pouvoir très fort, c’était toujours un colonel de la gendarmerie française.

Pour anecdote, un attaché de direction avait fait sauter le DSE pour mauvais services lors d’une réception.

Tout était bien organisé, on envoyait les des repas aux mineurs pour éviter leur sommeil. Les agents qui donnaient du sang recevaient un ticket  du restaurant de  l’hôtel.

Tout le matériel, tous les produits venaient de  la France, tout était du luxe.

Il y avait une surveillance stricte de la cité des cadres à cette période.  Le seul  quartier pour les ouvriers  « cité blanche » était réservé aux Africains (togolais, Sénégalais, Dahoméens, etc) alors que les logements climatisés (M4, M5)  étaient occupés par les agents maîtrises.

Pour anecdote, quand les présidents Ahmed Sékou TOURE de la Guinée et Mokhtar Daddah étaient en visite à Zouerate tous les expatriés Français étaient cloués  chez eux.