Corruption présumée dans football africain : des scandales qui appellent à de vrais changements.

Afrikipresse – Trois présidents de fédérations de football en Afrique, (Aisha Johansen de la Sierra Leone, Constant Omari de la Rdc, et Kwesi Nyantakyi du Ghana), connaissent des ennuis judiciaires dans le cadre de leurs activités fédérales.

Le cas de Kwesi Nyantakyi, président de la Fédération Ghanéenne de Football est le dernier en date. Il est aussi beaucoup plus scandaleux, d’autant plus qu’il est 1er vice-président du comité exécutif de la Confédération africaine de football (Constant Omari est 2ème et Aisha Johansen est simplement membre).

Le premier scandale remonte en septembre 2017 où Isha Johansen a été inculpée dans son pays pour abus de fonds publics par la Commission anti-corruption. Des fonds mis à la disposition de la fédération par la FIFA. Après un jour de garde à vue, elle a été libérée.

Le deuxième cas date d’avril 2018 avec l’arrestation de Constant Omari et de trois de ses collaborateurs de la fédération. Il leur est reproché d’avoir détourné des fonds publics d’une valeur de 500 millions de F CFA (soit 1 million de dollar) destinés à quatre matches de football. Kwesi Nyantakyi qui vient de rendre sa démission de la présidence de la fédération ghanéenne, il lui est reproché en même temps que 15 autres membres, depuis quelques jours, d’avoir réclamé la somme de 5. 500.000.000 F CFA (soit 11 millions de dollars) à des investisseurs privés au nom du chef de l’Etat Ghanéen. L’affaire a amené le gouvernement ghanéen à dissoudre la fédération.

Les deux premiers n’ont pas été l’objet de sanction disciplinaire par la CAF et la FIFA. Le troisième est suspendu par la Commission d’Ethique de la FIFA dans sa décision du 8 juin 2018. S’appuyant sur les articles 83 alinéea 1 et 48 alinéa 2, la Commission d’Ethique a suspendu le président Kwesi Nyantakyi de toutes activités liées au football national et international pour une durée de 90 jours soit trois mois avec une possibilité de prorogation de moins de 45 jours.

[ Pour des enquêtes de moralité et la déclaration de biens des dirigeants sportifs ]

Y a-t-il une enquête de moralité aussi bien à la CAF qu’à la FIFA avant l’élection d’un membre au sein des instances dirigeantes ? Pourquoi les dirigeants sportifs de haut niveau, et de niveau n’ont-ils l’obligation de déclarer leurs biens, devant une instance autonome ? Une procédure d’enquête de moralité, et de déclaration des biens ne peut-elle pas réduire les risques de corruption ? Telles sont les questions que se posent les observateurs, à la lumière de ce qui se passe, en Afrique après les scandales qui avaient déjà éclaboussé et secoué le monde du football en Europe, et à la Fifa, il y’a quelques années. En lieu et place d’une enquête de moralité et de déclaration des biens, ou d’autres mesures de prévention, les textes préfèrent parler de sanctions. Mais à présent, n’est-il pas temps, de changer les choses, et de renforcer les mesures d’éthique et bonne gouvernance?

À la CAF, l’article 45 stipule :

MESURES DISCIPLINAIRES

1. En cas de violation des Statuts et règlements de la CAF et des décisions des organismes compétents, ou en cas de conduite antisportive ou indécente, les associations nationales, les clubs, les
officiels et les joueurs encourent des sanctions disciplinaires, conformément aux dispositions des présents Statuts, des règlements médias et marketing, des compétitions, du Code disciplinaire de la CAF
et du Code d’Ethique de la CAF.

2. Les mesures disciplinaires pouvant être prononcées par la CAF sont :

2.2 Contre les personnes physiques :

a) Avertissement ; b) Expulsion ; c) Suspension de matches ; d)Interdiction de vestiaires et/ou de banc de réserve ; e) Interdiction de stade ; f) Interdiction d’exercer toute activité relative au
football; g) Amende.

Suspendu à la FIFA, Kwesi le devient automatiquement à la CAF, le temps que les enquêtes en cours livrent leurs résolutions, et conclusions.