La production d’or artisanal pourrait représenter l’équivalent de 50% de la production industrielle au Burkina, au Mali et au Niger (rapport OCDE)

(Agence Ecofin) – Le Burkina Faso, le Mali et le Niger produiraient chaque année, environ 50 tonnes d’or artisanal, soit un volume qui représente plus de 50% de la production industrielle légalement enregistrée pour 2017, indique un nouveau rapport de l’OCDE préparé sur la base de recherches effectuées au premier trimestre 2018 et publié cette semaine. La majorité de cette production, d’une valeur de 2,02 milliards $, serait exportée illégalement, principalement à destination des Émirats arabes unis et, dans une moindre mesure, de la Turquie et de l’Inde.

Intitulée «L’or à la croisée des chemins : Étude d’évaluation des chaînes d’approvisionnement en or produit au Burkina Faso, au Mali et au Niger», l’étude de l’OCDE a fait le point sur les conditions de production et de commerce de l’or dans ces trois pays, avec un intérêt particulier porté à l’orpaillage (exploitation artisanale et à petite échelle). L’objectif était d’identifier les risques potentiels de financement de conflit, de violations des droits humains, et de crimes financiers, mais également d’examiner les liens supposés avec le financement des activités des groupes terroristes évoluant sur le territoire de ces trois États.

Selon les résultats transmis à Agence Ecofin, l’orpaillage dans ces trois pays est marqué par des risques de violation des droits humains et par des phénomènes massifs de blanchiment d’argent et d’évasion fiscale. L’or artisanal serait très largement utilisé comme monnaie alternative pour contourner la réglementation ouest-africaine sur le contrôle des changes et l’obligation de rapatriement des devises étrangères.

«Les groupes armés/terroristes évoluant dans les trois pays ont multiplié les opérations ciblées sur la production et le commerce de l’or ces derniers mois, impactant aussi bien le secteur industriel que l’EAPE.», peut-on lire dans le rapport.

Si elle reconnait que l’orpaillage constitue, en dépit des défis identifiés, une opportunité claire de développement socio-économique et de stabilisation des régions de production, en particulier dans les zones rurales reculées, l’étude recommande entre autres, de poursuivre et renforcer les actions nationales et régionales de formalisation et légalisation du secteur.

Au Burkina Faso, 12 mines d’or industrielles sont actuellement actives et ont produit 45,5 tonnes d’or en 2017. Au Mali, 9 mines industrielles ont produit 49,6 tonnes d’or en 2017. Au Niger, la mine d’or de Samira, la seule du pays, produit 1,5 tonne de métal par an. Au total, la production d’or industrielle enregistrée dans les trois pays pour l’année 2017, a donc atteint 96,6 tonnes.