Mauritanienne : Le ministre de l’économie et des finances dresse le bilan de son secteur

Jeudi, le ministre mauritanien de l’économie et de finances a présenté en conseil des ministres un bilan des réalisations de son secteur.

Début de la décennie

Mokhtar Ould Djay a  expliqué que l’économie nationale en général peu diversifiée est très sensible aux facteurs extérieurs en particulier aux fluctuations des prix internationaux du fer et des hydrocarbures. Aussi le taux de croissance du pays a connu des oscillations entre 1960 et 2014, relevant que l’absence de politiques de diversification de l’économie axés sur les secteurs porteurs de l’économie comme l’agriculture, l’élevage et la pêche et l’absence d’infrastructures de base et d’un cadre règlementaire approprié pour la promotion du secteur privé ainsi que le coût exorbitant des facteurs de production et le manque de souplesse du cadre général des affaires, tout cela a constitué un handicap ayant empêché le décollage de l’économie au début de la décennie.

Il a précisé que la réforme des finances publiques et la création d’un cadre global et stable de l’économie était une priorité du Président de la République Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz et de son gouvernement en 2009 faisant que parmi leurs objectifs, figuraient en bonne place la mobilisation des ressources intérieures, l’amélioration du cadre de spécialisation à travers la rationalisation des dépenses, l’augmentation du budget consacré aux investissements sur ressources propres et la modernisation du cadre organisationnel.

Amélioration des recettes fiscales

En matière de mobilisation des ressources, budgétaires, le ministre a dit que l’amélioration des recettes fiscales a été acquise au prix de l’élargissement de l’assiette fiscale et de la rentabilisation des établissements publics et de leur contribution au budget de l’Etat suite à l’amélioration de leurs performances.

L’application de cette politique ajoute –t- il, a permis une augmentation substantielle des ressources budgétaires qui ont passé de 198 milliards A-UM en 2009 à 567 milliards A-UM en 2018 soit une augmentation de l’ordre de 200%, notant que les ressources fiscales ont été multipliées par 3,5 passant de 106 milliards anciens en 2009 à 362 milliards A-UM en 2018.

Revenus de la pêche

S’agissant des revenus de la pêche, le ministre a précisé qu’ils ont évolué de 41 milliards anciens en 2009 à 72 milliards en 2018 un taux de croissance de l’ordre de 75%. Une politique rigoureuse de gestion rationnelle et de valorisation des ressources maritimes a été à l’origine de ce progrès.

Il a ajouté que les ressources venant des richesses minières ont passé elles aussi de 18,5 milliards A-UM en 2009 à 68,7 milliards A-UM en 2018 malgré la fermeture du champ pétrolifère Chinguitty en 2018.

Le système des indemnités et allocations a connu au cours de la dernière décennie un bond qualitatif en particulier celles ayant trait au transport, au logement, à l’excellence, à l’équipement. L‘impôt sur le revenu et les traitements et salaires a été réformé donnant lieu à l’introduction d’un système d’impôt progressif sur le revenu mensuel égal ou inférieur à 90 000 A-UM en plus d’une augmentation forfaitaire en 2015 appliquée sur le salaire de base.

En ce qui concerne la communication portant sur la révision des comptes nationaux et le passage au nouveau système de comptabilité nationale, le ministre a indiqué qu’il y a un système appliqué par tous les pays qui détermine le PIB selon une méthodologie de collecte des données.

Il a ajouté que le pays continue à adopter en matière de comptabilité la méthodologie d’avant 1993. C’est ainsi que les statistiques portant sur le PIB ne sont pas conformes aux meilleurs systèmes actuellement en vigueur qui demandent des mécanismes techniques et des ressources humaines.

M. Ould Diay a relevé que le département a ouvert en 2017 par l’entremise de l’ONS un atelier ayant permis de réviser le PIB, ce qui a montré que le PIB qui servait de référence était de 26% inférieur à son niveau réel et que sa structure requiert sa révision au regard des nouvelles statistiques. Ainsi le PIB pour l’année 2014 était de 2003 milliards contre son estimation antérieure qui était de l’ordre de 1620 milliards.

avec AMI